Fukushima ou l’urgence du socialisme
Le
tremblement de terre et le terrible tsunami qui ont frappé
le Japon, les images de villages et de villes dévastés, de
désolation, les milliers de morts, 20000 personnes isolées,
sans secours, 500 000 déplacées rassemblées dans des centres
d’accueil improvisés, le froid, la neige, le drame que vit
tout un peuple suscitent dans le monde entier l’émotion, la
solidarité mais aussi la colère et la révolte. Le drame que
subit le peuple japonais n’est pas seulement celui de la
fatalité d’une catastrophe naturelle, il est aussi celui des
conséquences d’une politique, de choix sociaux
irresponsables qui font passer les intérêts des trusts avant
la sécurité des populations. Certes, il n’est pas dans les
pouvoirs de l’humanité d’empêcher les catastrophes
naturelles, c’est évident mais il est en son pouvoir d’en
limiter les conséquences, de maîtriser au mieux les risques
en mettant les connaissances scientifiques et techniques au
service des populations et de leur sécurité.
La
preuve en est le fait qu’au Japon ce n’est pas le séisme
lui-même qui a provoqué le plus de dégâts. Les constructions
antisismiques, les systèmes d’alerte qui y ont été
développées en particulier depuis le drame de Kobé en 1995
ont permis d’éviter que le séisme lui-même ait les mêmes
conséquences dévastatrices que celui, pourtant moindre, qui,
il y a un peu plus d’un an, frappait Haïti au prix de plus
de 200 000 morts. Face aux vagues du tsunami qui ont déferlé
sur les côtes japonaises où vit plus de 80 % de la
population, les mesures de préventions antisismiques étaient
certes impuissantes mais la catastrophe a pris ensuite une
dimension qui, elle, met directement en cause des choix
sociaux et politiques. La catastrophe nucléaire dont les
spécialistes disent dores et déjà qu’elle pourrait être
comparable à celle de Tchernobyl, est bien la conséquence de
l’utilisation par les États et les trusts, dans leur folle
course au profit, sans aucune maîtrise ni garantie pour les
populations, du nucléaire. Quelle folie que le Japon, zone à
haut risque sismique, puisse compter 53 centrales
nucléaires, gérées par des sociétés privées comme Tepco qui
exploite la centrale de Fukushima. Quelle accusation que de
voir les moyens dérisoires avec lesquels des travailleurs
tentent d'enrayer la catastrophe au prix de leur propre vie.
Tepco comme Areva, l'État japonais comme l'État français, le
complexe nucléaire de tous les pays ont menti et mentent, la
sûreté des installations nucléaires est une fable, la
sécurité pour les population aussi.
Oui,
la pire catastrophe qui frappe maintenant, et probablement
pour de longues années, les populations du Japon, qui menace
aussi les pays proches n’a rien de naturelle. Elle est le
produit de l’aveuglement irresponsable des classes
capitalistes aidées et soutenues par les États qui les
servent. Elle est le produit d’une société soumise à la
dictature technologique, financière, militaire d’une
minorité soucieuse de sa seule puissance comme le fut la
première catastrophe nucléaire subie par le Japon suite aux
bombardements d’Hiroshima et Nagasaki en 1945
Et
aujourd’hui les mêmes spéculent sur l’effondrement de
l’économie japonaise, retirent leurs capitaux pour les
investir ailleurs dans l’emballement financier généralisé,
globalisé que connaît le monde.
La
science et la technique ne permettent pas d'empêcher les
catastrophes naturelles, mais elles permettraient
d’anticiper, de protéger les hommes et la planète, de
diminuer les risques à condition qu’elles soient utilisées,
dirigées, contrôlées par les populations elles-mêmes dans le
souci du bien être et de la sécurité de toutes et tous, de
la collectivité, de la préservation des équilibres
écologiques.
La
catastrophe que vit le Japon participe de cette catastrophe
globale qu’est pour toute l’humanité la domination des
classes capitalistes. Elle plaide pour une réorganisation de
la société, une réorganisation démocratique, planifiée,
écologique. Les souffrances des populations du japon
expriment une exigence universelle, celle d’une société
socialiste, une société fondée sur la solidarité entre les
travailleurs et les peuples pour garantir la sécurité pour
les hommes et la planète.
C’est
cette exigence que portent aussi les luttes des travailleurs
partout dans le monde, tout particulièrement le processus
révolutionnaire qui ébranle les classes dominantes du monde
arabe et l’impérialisme. Le déchaînement de violence de
Kadhafi, les manœuvres des troupes du régime moyenâgeux
d’Arabie saoudite, la répression des armées en particulier
en Égypte, les manœuvres des grandes puissances, de l'ONU,
ne pourront arrêter la roue de l’histoire. Le socialisme est
plus que jamais la seule perspective pour que l’humanité
puisse sortir de la barbarie capitaliste.
Yvan
Lemaitre